Retour sur le Congrès - un point de vue extérieur

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Un puissant et poignant message de réconciliation et de paix a émergé du Congrès baptiste français, dans un contexte marqué par des attaques terroristes au Royaume-Uni, en Égypte et en Afghanistan.

D'apres des articles en angais respectivement de Sarah Jones pour la BMS World Mission et Philip Halliday pour la Fédération Baptiste Européenne - EBF

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Les 25, 26 et 27 mai, environ cinq cent délégués et pasteurs de la FEEBF se sont réunis à Mulhouse dans l'est de la France pour leur Congrès annuel.

Les protestants évangéliques représentent moins de un pour cent de la population française et la taille moyenne des Eglises est de 50 personnes (bien qu’un certain nombre des 120 églises que compte la Fédération soient beaucoup plus petites). Se rassembler en tant que grand corps de croyants et entendre les choses passionnantes que Dieu fait en France sont, par conséquent, quelque chose de très apprécié.

La rencontre fut rythmée par des temps de louange mais aussi de discussion et d'exhortation. Il y eu également d’intéressants forums portant sur un éventail de sujets tels que "Art et évangélisation" et "Utilisation de formation théologique en ligne en Eglise". Les repas furent également des moments importants de rencontres.

Les messages clés du Congrès, apportés par l'auteur mennonite et théologien Claude Baecher et par Nabil Costa, responsable de la Société Libanaise pour le Développement Éducatif et Social (LSESD), ont été des appels et des encouragements pour un rôle de réconciliateur, en réponse à 2 Corinthiens 5:18: "Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec le Christ et nous a donné le ministère de la réconciliation"

Claude Baecher : "Sur la terre comme au ciel" change tout

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Claude Baecher entama la première partie de son message en parlant de la guerre. "Les armes gagnent des guerres, parfois", at-il dit, "mais ils ne gagnent jamais la paix."

Partant du fait que "Dieu veut nous transformer en pacificateurs", Claude Baecher partagea un message à la fois profond et puissant mais de manière animée et facile à comprendre. Il rappela que l'Église est appelée à reproduire ce que Jésus fit, et Jésus est mort pour la réconciliation. Par conséquent, la paix n'est pas un don spirituel donné spécialement à des gens comme Martin Luther King Jr : c'est l’affaire de tous !

Pour réconcilier, nous devons agir non pas dans la colère, mais dans l'amour. Faisant référence à Matthieu 5:23-24, Claude Baecher expliqua que c’est notre tâche d'être ceux qui recherchent la réconciliation - même si nous estimons que nous ne sommes pas responsables. "Si donc tu vas présenter ton offrande sur l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande."

"Oubliez votre identité de victime et devenez un instrument de paix", exhorta Claude Baecher. Admettant que toutes les situations ne peuvent être réconciliées ici sur terre, Claude Baecher déclara que nous devions quand même prendre l'initiative. Si la réconciliation n’a pas lieu, nous avons quand même agi dans l’amour.

"Si nous voulons vraiment que la vie sur terre soit comme au ciel", nous devons rechercher à tout faire dans l’amour. "En France", a-t-il poursuivi, "le commun des mortels croit quelque part dans son subconscient que l’Église ne doit pas avoir accès au pouvoir, car si vous donnez du pouvoir à l'Église, elle devient meurtrière. Notre histoire n'a pas toujours été marquée par la paix, mais notre avenir doit l’être." 

Claude Baecher témoigna du pouvoir de transformation de Dieu, au-delà de ce que nous imaginons, si nous sommes ouverts à la réconciliation. Avoir de bonnes relations avec les gens que Dieu a créés est une façon de le louer.

Claude Baecher laissa les congressistes avec le défi suivant : "Nous avons besoin d'une armée de chrétiens prenant sur eux tous les conflits de ce monde avant que les gens n’utilisent des armes."

Nabil Costa : "Notre travail est de servir les gens qui sont la source de nos problèmes"

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Dans le contexte de la crise des réfugiés, devenu un élément important du travail qu'il mène à LSESD au Liban, Nabil Costa a expliqué ce que signifie aimer Jésus. Dans la seconde de ses deux interventions, il s'est concentré sur le passage de Jean 21:14-17 où Jésus demande à Pierre trois fois s'il l'aime et, quand Pierre lui dit oui, il lui répond de "nourrir mes moutons".

Parlant honnêtement de la crise des réfugiés au Liban, Nabil Costa a partagé qu'il aurait préféré que cinquante pour cent de son pays ne soit pas maintenant composé de réfugiés Palestiniens, Syriens et Irakiens. Poursuivant : "Je suis tellement content que Dieu ne m'ait pas consulté sur la crise des réfugiés", admettant qu'il aurait alors dit à Dieu de les envoyer ailleurs. "Tout ce qui se passe est au-delà de ma compréhension. Mais la bonne nouvelle, c’est que Dieu est aux commandes."

Plus nous aimons Jésus, précisa Nabil Costa, plus nous devenons obéissants pour suivre son appel à nourrir ses moutons. "Si nous n'avons pas de compassion, nous ne pouvons aider personne", a-t-il déclaré. "Nous devons nous donner la liberté de vivre en nous la compassion du Christ."

Nabil Costa a aussi partagé le sentiment des réfugiés de ne se sentir desirés nul part. Forcés de quitter leurs maisons à cause de la guerre et des conflits, ils arrivent dans de nouveaux pays et sont rejetés à nouveau. C'est vers ceux qui sont rejetés que Jésus nous envoie.

Au milieu des difficultés, et elles sont multiples, les chrétiens au Liban voient des choses qu'ils n'avaient jamais vues auparavant. Leurs Eglises sont remplies. "Les gens priaient pour que l'Église se développe", a déclaré Nabil Costa. "Dieu a répondu à nos prières – mais maintenant nous ne voulons pas de ces personnes."

Plus d'un million de réfugiés au Liban viennent de la Syrie - un pays qui a toujours été un des ennemis du Liban. Pourtant, Dieu a convaincu les chrétiens dans la région d’aimer leurs ennemis et de les aider. "Notre travail consiste à servir les gens qui sont à l'origine de nos problèmes." Nous ne pouvons pas continuer à fermer les yeux et prétendre que les problèmes seront résolus. Notre bénédiction, c’est de faire partie de la solution à ces problèmes.

Mettant l'assistance au défi d'une plus grande obéissance, Nabil Costa interpella :"Est-ce que nous aimons assez Jésus pour le suivre ?" L'obéissance ne consiste pas à suivre des règles ou à faire le bon choix, mais à avoir un cœur selon Jésus. La vision de Dieu est différente de notre vision, et ses nombres sont différents de nos nombres.

"Nous ne sommes peut-être pas convaincus et nous ne sommes peut-être pas capables", a conclu Nabil Costa, "mais nous avons été appelés à donner."

traduction de l'article pour la FEEBF : C. Kling