Pas si loin que cela !

Matthieu 9.9-17

Que serait devenu Matthieu si Jésus n’était pas allé plus loin ?

Pourrions-nous lire son Évangile aujourd’hui ?

Nous savons que Jésus ne restait pas en place. Il allait, enseignant de ville en village, dépassant souvent les limites du convenable, du politiquement correct, du convenu.
Heureusement que Jésus est allé plus loin … Au-delà même de sa zone de confort …
N’a-t-Il pas dit qu’Il n’avait pas de lieu où reposer sa tête ?
Quand Jésus va plus loin, c’est pour rencontrer l’autre et le transformer d’un regard, d’une parole. Un regard et une parole qui mettent en route, en chemin.
Parce que c’est en marchant que nous allons bien, que nous allons mieux.
Jésus appelle celui et celle qui restent assis à se lever et à se mettre en marche.
Rester sur place est le sort du malade, du mourant. Jésus ouvre à la vie, au mouvement …
Il nous invite à le suivre et donc à sortir, nous aussi, de notre zone de confort, à la rencontre de l’autre, aussi différent soit-il, voire même non fréquentable selon mes critères terre-à-terre.

Mais Jésus va-t-il trop loin en nous demandant un changement complet, un changement total, une nouvelle mentalité ?

Pour Jésus, la miséricorde c’est aller plus loin, c’est-à-dire s’engager sur un chemin nouveau.
C’est accepter de nous décentrer de nous-mêmes pour laisser la place à l’autre... Aller de l’extérieur vers l’intérieur dans un mouvement de profondeur et d’accueil.
Puisque nous avons accepté de suivre le Christ, exerçons la miséricorde comme lui, en allant vers les autres, vers ceux et celles qui ont besoin et envie d’être debout.

Accueillons chaque matin la Parole de Celui qui est allé jusqu’au bout pour nous donner la Vie, la santé.
“Suis- moi !” Une parole qui met en route pour mieux accueillir l’autre, qui est plus loin mais pas si loin de moi !

Marc Deroeux

Méditation au Culte des Diaconesses de Reuilly, Versailles, le 2 février 2012